Le cancer de
la finance n’est pas fatal
Les mesures prises pour diminuer les rémunérations des
dirigeants des grandes entreprises sont importantes. Mais il
y a aussi les dirigeants des grandes banques, ceux qui sont à
l’origine du processus qui a amené la crise financière, ceux qui, par exemple aux
USA, n’ont pas été inculpés après les événements de 2008 et …qu’on a retrouvés
aux côtés de Barak Obama !
La financiarisation déconnectée de l’économie réelle est un cancer qui prolifère
depuis des années, qui fait éclater ses boursoufflures sur la Grèce, comme
depuis des décennies sur les pays pauvres.
Mais ce n’est pas un cancer ordinaire, qui tomberait sur l’humanité comme
une maladie dont on n’est pas responsable. C’est une maladie qui a été inoculée
par des hommes, qui ont sciemment pensé le projet. Ils ont entraîné dans leur
cupidité bien des acteurs économiques jusqu’aux petits épargnants.
Comment nous-mêmes, les citoyens, avons-nous pu laisser les politiques
obliger les Etats à financer leurs projets auprès du marché financier privé et
non auprès de leurs banques centrales, et pour l’Union européenne auprès de la
Banque Centrale européenne ?
Comment nous-mêmes, citoyens, avons-nous pu laisser les politiques fermer
les yeux sur les paradis fiscaux, y compris en Europe, qui privent nos pays,
mais plus encore ceux d’Afrique ou d’Amérique latine, de ressources essentielles
?
Il est temps pour les chrétiens, comme pour les autres citoyens, de mieux
s’informer sur les processus financiers qui gouvernent notre monde et d’arrêter
de dire : « on n’y peut rien. » Il est temps de revenir à des règles économiques
saines.
Dominique FONTAINE,
Vicaire général de la Mission de France
Mercredi des Cendres
IRONS-NOUS DANS LE MUR ?
C'est au nom du Christ que nous sommes en ambassade, et par nous, c'est Dieu lui-même qui, en fait, vous adresse un appel. Au nom du Christ, nous vous en supplions, laissez-vous réconcilier avec Dieu. Celui qui n'avait pas connu le péché , il l'a, pour nous, identifié au péché, afin que, par lui, nous devenions justice de Dieu. Puisque nous sommes à l'œuvre avec lui, nous vous exhortons à ne pas laisser sans effet la grâce reçue de Dieu. Car il dit : au moment favorable, je t'exauce, et au jour du salut, je viens à ton secours. Voici maintenant le moment tout à fait favorable. Voici maintenant le jour du salut.
(2 Corinthiens 5, 20 - 6, 2)
Osons le dire avec Paul : Frères, nous sommes en ambassade pour le Christ, et par nous, c'est Dieu lui-même qui vous adresse un appel.
Quel appel ? L'appel à se réconcilier avec Lui. Mais comment se réconcilier avec Dieu si nous ne nous réconcilions pas avec les frères et avec le monde ?
Or chacun va sur sa route, chacun suit son chemin... Déjà le prophète Joël : Revenez à moi de tout votre cœur (JI 2, 2) Pourquoi revenir ? Nous serions-nous éloignés, nous serions-nous égarés ?
La question est personnelle. Mais elle touche aussi l'humanité dans le cour qu'elle a pris depuis le XVIIIè siècle, quand ce que nous appelons l'Occident s'est imposé au monde entier.
Commençons donc par le plus vaste. Il faudrait vraiment se boucher les oreilles pour ne pas entendre l'inquiétude qui sourd de partout sur l'état de la Terre, des mers et des océans, sur la qualité de l'air et de l'eau, à propos des ressources énergétiques, de la sauvegarde des espèces et surtout, des conditions de la vie pour tous. malgré les cris des veilleurs, dans l'Eglise et hors d'elle, l'humanité avance comme le Titanic dans la nuit...
Tout le monde sait, du moins tout le monde devrait savoir que si bientôt veuf milliards d'habitants prétendent vivre demain comme vivent aujourd'hui les habitants de l'Amérique et de l'Europe du Nord, la Terre mourra exténuée et asphyxiée et les générations futures se battront pour survivre. Car pourquoi refuser aux Chinois, aux Indiens, aux Africains le droit de vivre comme vivent la plupart d'entre nous ? Les mêmes qui proclament et défendes les Droits de l'Homme s'accommodent de disparités scandaleuses dans l'accès aux biens élémentaires, au savoir et à la maîtrise de leur destin. Il faudrait changer de mode de vie, de civilisation, d'échelle des valeurs. Qui ne le sait ? Qui l'ignore ? Nous sommes dans une impasse et nous allons dans le mur.
C'est une question éminemment politique qui ressort de la responsabilité de ceux et celles qui détiennent le pouvoir de décider dans l'ordre économique et financier à l'échelon national et international. Mais c'est avant tout, une question d'ordre spirituel.
Sans la conversion personnelle de chacune et de chacun d'entre nous, et dans la pression politique sur ceux qui tiennent en main le destin des peuples - les deux se tiennent - nous serons les auteurs du désastre qui est à nos portes. Il ne faudra pas dire, nous ne savions pas, nous ne pouvions pas, et il sera trop tard pour dire, c'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma très grande faute...
Aujourd'hui pour les disciples de Jésus, le temps du carême ne peut avoir qu'une dimension personnelle et planétaire.
Mais qu'est-ce qu'une conversion spirituelle ? C'est, .....
Extrait du livre de Jean-Marie PLOUX
" Quarante et quelques pas au désert " - Méditations pour chaque jour du Carême et pour un temps de ressourcement spirituel.
Jean-Marie PLOUX est Prêtre de la mission de France.
Il a écrit de nombreux livres.
Source: Le SITE DE LA MISSION DE FRANCE